22-Le bout de beurre et la poubelle

Posté par lestrucsdanette le 13 novembre 2018

-Bonjour Plubelle! Dit le bout de beurre, collé au bord de la poubelle. Pourrais-tu m’héberger quelques temps? J’ai besoin de repos.

-Ah! Non, non, non, mon Pierrot! Lui répond la poubelle. Tu es encore apte à te rendre utile: Que vois-je? Un joli bout de beurre bien dodu et de belle couleur, et qui plus est dont l’odeur met en appétit. Mais moi, je suis au régime! Regarde comme je suis grosse! Pauvre de moi! Pas étonnant que les gens soient sans arrêt en train de me mettre à la porte! Et quand ils ont besoin de moi, ils reviennent me chercher! Réfléchit bien, mon Pierrot! Si je te prend, je ne répond pas de ce qui va t’arriver: deux ou trois lourdeaux sur toi et couic! plus  de Pierrot!

-La main  ne veut plus de moi, s’expliqua Pierrot. J’étais sur la table, dans un paquet vert et or. la main a attrapé un couteau et elle a désigné mon voisin pour l’aider à tartiner, quel honneur!. Mais je ne devais pas lui plaire autant: elle m’a demandé de faire le petit déjeuner du  chat! Je me suis mis devant le chat et le chat m’a senti, m’a léché,  et est parti! Comme je restais sur la table à ne pas savoir quoi faire, la main a demandé à l’éponge de me mettre à la porte. Bref! Qu’est-ce que je vais faire de ma journée?

-J’ai peut-être une idée! Lui dit Plubelle.

  La main saisit Pierrot et ouvrit le couvercle  de Plubelle. Elle secoua tant et plus le malheureux qui s’accrochait à ses doigts. Si bien qu’elle réussit à l’ envoyer se coller sur le dessous du couvercle de  la poubelle!

 -Quel chanceux! S’exclama Plubelle. Si tu reste à l’étage, tu as une chance de sortir d’ici sans te salir les pieds. Alors: voici mon idée:…

 La main rouvrit le couvercle pour jeter une épluchure de pomme. Voyant le bout de beurre sous le couvercle, elle le prit pour le jeter sur les épluchures. Elle secoua, secoua, et secoua encore ses doigts. Mais pierrot alla très lestement s’accrocher au placard de l’évier! La main était très contrariée. Plubelle, tordue par un fou rire, se mit à se dandiner. Patatra! Elle s’étala de tout son long sur le sol de la cuisine et se vida! Pierrot en profita pour retourner sur le dessous du couvercle . Soudain, la sonnette de la porte tinta avec insistance. La main, oubliant la poubelle, se précipita pour accueillir les visiteurs  et Plubelle la suivit en roulant ses hanches grasses. Elle se faufila dans les escalier et vive la liberté!

  Elle entendit vaguement la main qui marmonnait  quelque chose à son égard. Pierrot avait le tournis et l’envie de vomir . Il eut vraiment très peur de redevenir crème avant d’avoir servi à quelque chose! Par bonheur, Plubelle finit par se heurter contre un coffre en bois, sur le trottoir d’une rue piétonne. 

-Excusez-moi, Monsieur! Dit-elle en voyant qu’on la regardait.

Le jeune homme penché sur elle, avait les larmes aux yeux et un air si triste qu’elle en eu mal au creux.

-Mais qu’est-ce qui ne va pas, mon beau Monsieur? Demanda-t-elle.

Elle n’eut pas besoin d’attendre la réponse: la boite à cirage était vide et un grand homme se profilait à l’horizon.

-je m’appelle Louidji, dit le jeune homme. Je suis cireur de chaussures. Je travaille la plupart du temps sans être payé, car les gens n’ont plus d’argent et j’ai pitié d’eux. Cette semaine, je n’ai pas pu racheter de cirage et maintenant je ne peux plus travailler!

-En voici un petit bout, proposa Plubelle en ouvrant son couvercle et en désignant Pierrot.

 Pierrot bomba le torse, et fit bonne figure.

  Le visage de Louidji devint  joyeux. L’homme riche qui venait d’arriver pensa que ce cireur devait gagner beaucoup d’argent, car c’était le premier cireur aussi joyeux qu’il rencontrait. Il s’assit sur le coffre et Louidji étala avec soin et assurance le bout de beurre sur ses belles chaussures.  Le client contempla l’effet avec satisfaction. Ses chaussures n’avaient jamais brillé autant!

 Il donna un gros pourboire à Louidji. Puis il observa Plubelle.

Elle était toute cabossée pour avoir cascader dans les escaliers. De-ci, de-là, elle s’était coupée  sur les arrêtes les trottoirs. Elle avait perdu ses rondeurs. 

-Très originale, votre poubelle! Combien la vendez-vous?

 Loudji ne savait que répondre. Honnête, il hésitait à vendre une poubelle à moitié cassée. Le grand homme tira de sa poche une liasse de billet et la déposa presque de force dans la main de Louidji. De retour chez lui, il peignit la poubelle en doré et l’exposa au milieu de son restaurant.

  Voilà comment une poubelle et un bout de beurre changèrent de destin.

  

 

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